Le test d'Infiltrométrie (mesure de perméabilité à l'air)

La perméabilité à l'air d'une construction caractérise la quantité d’air qui entre ou sort de manière non contrôlée à travers l’enveloppe du bâtiment. Elle se quantifie par la valeur du débit de fuite traversant celle-ci sous un écart de pression donné.

 L’étanchéité à l'air est caractérisée dans la réglementation thermique par un coefficient de perméabilité appelé Q4Pa-surf. Ce dernier représente le débit de fuite par m² de surface déperditive hors plancher bas sous une dépression de 4 Pascals, et s’exprime en m3/ (h.m²).

La RT 2012 fixe des objectifs en matière de performance de l'enveloppe du bâtiment pour le secteur résidentiel et impose une justification du niveau atteint en fin de travaux pour tous les bâtiments d’habitation neufs dont la demande de permis de construire a été déposée depuis le 1er janvier 2013. Les seuils réglementaires sont les suivants :

  • 0,6 m3/ (h.m²) pour les maisons individuelles 
  • 1 m3/ (h.m²) pour les logements collectifs

Pour le secteur tertiaire, aucune exigence de résultat n’est imposée. Une valeur par défaut est prise en compte dans le calcul thermique. Une autre valeur peut également être prise en compte dans le calcul, auquel cas une justification du niveau atteint doit être apportée en fin de travaux.

 

La mesure de perméabilité à l'air d'un bâtiment n'est valide, dans le cadre de la RT 2012, uniquement si elle est réalisée par un opérateur certifié Qualibat autorisé par le ministère en charge de la construction.

 

 

Comment se déroule un test d'infiltrométrie ?

Deux types de tests peuvent être effectués : l’un en cours de chantier (facultatif) et l’autre en fin de chantier.

 

 

Le test en cours de chantier

Plus précisément après la pause de l'enveloppe d'étanchéité et avant la pause du cloisonnement. Ce test a pour but de rechercher les fuites afin de quantifier le niveau de performance de l'enveloppe étanche. En effet, à cette étape du chantier, il est possible pour les ouvriers de corriger les défauts de perméabilité détectés.

Pour réaliser cette recherche de fuites, et dès lors que le bâtiment est mis en pression ou dépression à l'aide d'une porte soufflante, l'opérateur en infiltrométrie utilise différents accessoires pour déterminer plus précisément l'origine des fuites (gros générateur de fumée, anémomètre, poire à fumée...)

 

A la fin de ce premier test, l'opérateur remet un rapport d'étude dans lequel sont précisés et classés les infiltrations d'air et les défauts de l'enveloppe détectés pendant le test d'étanchéité à l'air. Reste à réaliser les corrections qui s'imposent.

 

 

Le test de fin de chantier

Il intervient dès lors que la construction est achevée. Ce test va permettre de vérifier que la valeur d'étanchéité prise en compte dans l'étude thermique réalisée par le bureau d'études, a bien été respectée, ce qui permettra d'obtenir une labellisation spécifique ou de respecter la RT 2012

 

Pour réaliser ce test, les entrées d'air et les extractions de la VMC sont obstruées afin que le flux d'air provoqué par la différence de pression provienne exclusivement des fuites. Le matériel de mesure est installé sur une porte donnant à l'extérieur. La porte soufflante est reliée à un ordinateur qui détermine la quantité d'air qui s'échappe à différents paliers de pression. Cette "méthode de pressurisation par ventilateur" est normée (NF EN 13829, application février 2001).

 

A la fin de ce test, l'opérateur remet un rapport d'étude dans lequel sont précisés et classés les infiltrations d'air et les défauts de l'enveloppe détectés pendant le test.

 

Si la valeur de perméabilité est inférieure ou égale à celle prise en compte dans le calcul thermique, le test est dit "conforme" et permet une mise à jour de l'étude thermique, ainsi que la validation de la construction lors de l'attestation de prise en compte de la RT 2012.

 

Si la valeur est supérieure à celle prise dans le calcul thermique, il faudra alors corriger les fuites relevées lors du test et pratiquer une nouvelle mesure.